UN CORPS A CORPS PICTURAL (extrait)     


...Mais on comprend mieux par les commencements. Des Beaux-arts de Lorient à ceux de Paris, Claude Gesvret creuse sa pratique avec ferveur et lucidité. Ses premiers travaux réalistes : toits, façades, autoportraits, édifices urbains, dans le souvenir de De Staël ou de Robert Delaunay, condensés et maçonnés avec autorité, le conduisent naturellement au « passage de la ligne ». Alors, par des gestes brefs ou prolongés, déjà réitérés et morcelés, à l’aide d’une pâte grumeleuse et d’une chromie contrastée mais plutôt assourdie, il architecture ses toiles patiemment, accumulant et superposant formes, signes et repères bord à bord, jusqu’à la dilution de ses unités.  Dans les années 1980, au sein des non-couleurs interstitielles qui à présent codifient le champ, se font jour en contrepoint des formes géométrisantes, tel un garde–fou à d’éventuels égarements. Au cours de la décennie 1990, les textures de ses formats à l’huile ou à l’acrylique se relâchent et hébergent des zébrures, des rayures, des filaments,

(Suite)

Claude GESVRET